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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 14:51
Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

C'est la 10e édtion de l'UTBA... ... Et ça fait 10 ans que je rêve de la faire! Voilà c'est dit, le décor est planté. C'est encore une fois la preuve que dans la vie, on ne fait pas tout le temps ce qu'on veut et surtout quand on le veut. J'ai du être (très) patient pour prendre le départ de cette course. Mais cette fois, c'est la bonne, j'y suis !

 

Les calanques de l'Estérel, situées entre Cannes et Saint-Raphaël donnent place à un décor de rêve. Le contraste est saisissant avec les Alpes du Nord (Annecy). Ici, il fait chaud. Alors si vous vous demandez comment passer de 5°c (avec la pluie) à 32°c (au soleil) ? Et bien vous allez dans le Sud, à Mandelieu La Napoule. 

 

Avant cette belle épreuve qui me tend les bras, bien que plutôt calme et serein, je me pose quelques questions:

 

- Avec une (mauvaise) blessure musculaire qui a trainé durant l'hiver (une première pour moi!!!), serais-je prêt et assez entraîné pour ce challenge UTBA?

 

- Mon ventre, qui depuis quelques mois ne me fiche pas vraiment la paix. Ce w.e, me laissera-t-il tranquille???

....

 

Les objectifs pour ce challenge UTBA sont clairement définis, dans l'ordre:

- Prendre du plaisir !

- Finir l'épreuve pour les 3 points UTMB

- Si possible bien se classer, voir mieux si affinité !

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

Samedi 23 avril, 14h.

 

600 coureurs prennent le départ du petit TBA (25 km / 1000 D+) depuis la plage du château de Mandelieu la Napoule. Et parmi eux se trouvent (comme moi) les coureurs du Défi UTBA (25 km / 1000 D+ & 80 km / 3500 D+) à réaliser sur 2 jours.

 

L'idée pour moi, aujourd'hui, est de se focaliser sur mes sensations et de ne pas chercher à suivre "à tout prix" la tête de course, qui pour beaucoup d'entre eux n'auront "que" ce format à gérer. 

 

Cinq, quatre, trois, deux, un, ...

 

Ca part, comme à son acoutumée, très vite! D'emblée, je prends mon train. J'avoue que je me fais quasiment plus de soucis pour ce petit format que pour celui du lendemain parce que je n'ai pas l'habitude de courir sur des si petites distances. C'est un exercice (très) particulier. 

 

Aujourd'hui, il faut réussir à se livrer, sans trop se griller, et à l'inverse, ne pas aller trop doucement pour ne pas perdre trop de temps sur ses concurrents directs. 

 

Rapidement, je me rends compte que les jambes répondent correctement. Et je décide de ne plus patienter derrière les coureurs à la "queue leuleu" ! Je perds patience, et je double tout le monde. Vaille que vaille! Ces 25 km sont à faire, alors fonce !

 

Je rattrappe un tas de coureurs, un à un. Le parcours est vallonné, et le terrain est particulièrement technique. Il y a des cailloux de partout! Dans tous les sens! Des petits, des moyens, des gros, bref! De partout ! Dans les Alpes, on n'a pas du tout l'habitude d'avoir ce genre de terrain. 

 

Malgré ça, il faut courir, et c'est avec une motivation qui ne faiblit pas que je vois les km défiler. 

 

La chaleur, en ce début d'après midi, se fait ressentir. Alors je pense à boire régulièrement. 

 

A 10 km de l'arrivée, mon pote Thierry Ch. en "footing" :-) sur le parcours, me dit que je suis 2e! Et que le 1er est là juste devant moi à 10". Wouah !!! Ca, c'est une sacrée surprise! 

 

Je me savais "en jambes" mais de là à jouer pour le podium sur cette première étape du défi, quand même, ...

crédit photo Monaco Athlétisme

crédit photo Monaco Athlétisme

A partir de là, la bataille fait rage. Ca court encore plus vite! Nous sommes les 3 hommes de tête dans un mouchoir de poche. On se tient en 10", pas plus. Nous sommes tous les trois dans une allure qui ne laisserait penser à personne que nous allons prendre un départ le lendemain pour 80 bornes, c'est la beauté de ce sport!

 

Après les arêtes finales sur les hauteurs de Mandelieu, on file dans une descente que je qualifierai de "casse cou". Le 1er glisse, et tombe. Grosse chute. Mais il se relève tout de suite avec de la peinture en moins. 

 

Sur le replat, avant l'arrivée sur la plage du château, je laisse quelques longueurs à mes compagnons du jour. Je ne cherche pas à me mettre totalement dans le "rouge" pour essayer de recoller. Sur deux jours de course, et ayant repéré un peu le parcours la veille, je me dis que ca ne va pas se jouer à la minute entre nous au classement général final.

crédit photo Monaco Athlétisme
crédit photo Monaco Athlétisme

crédit photo Monaco Athlétisme

L'arrivée est grisante! Tapis rouge. Je franchis la ligne dans la même minute que mes adversaires en 3e position / 100, et 10e de la course / 600 !!! 25 km / 1000D+ en 2h13'. Belle moyenne! 

 

Le temps de reprendre mes esprits, j'échange quelques mots avec Seb Chaigneau qui me file quelques bons conseils pour le lendemain. Place à la récup express, je plonge mes gambettes dans l'eau (froide) de la mer, et je file manger pour récupérer !!!

 

Demain sera un autre jour, tout reste à faire, mais quitte à prendre le départ d'une course à étapes, mieux vaux déjà avoir quelques minutes d'avance que de retard, ...

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !
Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

Dimanche 24 avril, 

 

Levé 3h du matin, départ 5h. 

 

On ne se refait pas! J'adore cette ambiance de la nuit. C'est tellement magique !

 

Concernant mes jambes, j'ai l'impression d'avoir très bien récupéré de la veille. Je ne ressens aucune gêne, ni raideur, ni trauma. Bref, les voyants sont apparemment tous au vert. Mon ventre me joue quelques tours avant le départ. J'essaie de relativiser, je me mets dans ma bulle, ...

 

J'essaie de repérer, dans cette foule de coureurs impatients de vouloir en découdre, mes concurrents directs du DEFI mais je ne reconnais personne. 

 

Cinq, quatre, trois, deux, un, ...

 

Je pars pour une belle aventure! 80 km / 3500 D+ dans les entrailles des calanques de l'Estérel. 

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

Le flot des frontales se disperse progressivement. Le départ est quasi similaire qu'hier. Je n'en reviens pas comme je suis bien. Je cours sans pression, je savoure chaque instant, chaque minute, chaque foulée. Je me retrouve rapidement seul ce qui ne m'incite pas à courir plus vite que je ne le devrais...

 

Les premières lueurs du jour au dessus de la mer Méditérannée sont absolument grandioses! Le soleil se lève et les rayons transpercent les rares nuages au dessus de l'eau, le spectacle est fantastique. Quand on voit ça, on sait pourquoi on court !

 

Col de Notre Dame, PC2, km 17. 

J'arrive très frais à ce premier ravito. J'ai à peine 1h45' de course dans les jambes. Mon assistante de choc m'attend de pied ferme. :-) Elle commence à être rodée, tout se passe pour le mieux. Là, elle me balance une sacrée "bombe"!

-"Romain!!??"

"Oui!!??"

"Tu es 2e du challenge!"

"Quoi?? 2e ?? T'es sûre??"

"Oui, je suis sûre. Alors ne t'emballe pas, et reste tranquille" tels sont ses mots.

"OK mon capitaine!" et je reprends la route, oups, le sentier ...

 

J'avoue que je n'en crois pas mes oreilles car je suis vraiment parti prudemment. Mais ça ne me déstabilise pas pour autant, je continue mon petit bonhomme de chemin sur un rythme très régulier. Les sentiers et leurs cailloux se ressemblent à peu près tous. Alors je ne m'arrête pas trop dessus, à part vous dire qu'il y a beaucoup de cailloux!! Vraiment beaucoup de cailloux !!! Mais en revanche les paysages changent à chaque virage, c'est tout simplement majestueux !

 

Une longue descente nous conduit au PC5, à Agay, 2e ravito, km 32.

Toujours au top. Les jambes répondent super bien. Je me ravitaille. Mon classement provisoire semble inchangé. Les écarts sont les mêmes. 

 

A partir de là, je me sens pousser des ailes. La remontée vers le Rostel d'Agay se fait en une bouchée! Clic Clac c'est fait. Et que dire de la remontée sur le col de l'évêque? Je sens que je suis dans un grand Jour. Le JOUR J ?? Ca, on verra plus tard ...

Après une courte réflexion, je me dis: "Allez je joue! Je prends des risques. Il faut aller la chercher celle-là!" Je vois comment ça répond dans cette ascension et je fais le point au sommet.

 

PC 7, col de l'évêque, km 43.

J'ai repris beaucoup de coureurs (de l'ULTRA) dans cette montée. Et quand j'arrive au col, je retrouve ma ravitailleuse. Carole me signale que le classement n'a pas bougé. Pourtant, je sais que si des coureurs étaient derrière moi en train de se rapprocher (?), je les ai maintenant mis à distance. C'est certain. 

 

Je repars "gonflé" à bloc. Mais à ce moment là, je suis très loin de m'imaginer ce qu'il va m'arriver dans un peu plus d'une heure !!?? 

 

La montée au Cap ROUX est somptueuse. Obligé de marcher sur certaines portions tellement la pente est raide et le nombre de cailloux impressionnant.

 

Au sommet, je suis subjugué par la vue. Wouahh !! Je ne regarde pas mon chemin et "bing" je tape le pied droit dans un cailloux pointu (du style bien aiguisé), je me surprends à pester pendant au moins 10 minutes.

 

La descente sur le PC 9 est très technique, peut-être l'endroit le plus caillouteux de la course. On traverse des coulées de laves volcaniques, ils auraient pu ranger les cailloux quand même !!! :-)

 

Les points de vue sur la mer sont toujours aussi beaux. Mais cette portion est particulièrement longue. J'aperçois de temps en temps le col de Notre Dame (qui sera le prochain PC) mais j'ai l'impression qu'on s'en éloigne toujours. L'approche se veut laborieuse.

 

Le soleil se met soudainement à "taper" fort, très fort! A peine croyable, quand on sait qu'il neige sur les Alpes du Nord. Pour moi, c'est le coup de chaud. Mon ventre commence à me lâcher. J'ai envie de vomir. En quelques minutes, je ne trouve plus le goût à m'alimenter. La roue est en train de tourner.

 

L'ascension vers le col de Notre Dame est interminable. En plein cagnard, je mets un pas devant l'autre, en marchant, et rien que ça, c'est déjà un exploit. C'est la première grosse chaleur de l'année, et le changement climatique est brutal, c'est le moins que l'on puisse dire. Le thermomètre affiche 32°c au soleil et sans un courant d'air. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

PC 10, col de Notre Dame, km 56.

Quel soulagement de voir ce col, et surtout de (re)voir Carole. Je vais pouvoir me poser un peu. Encore une fois, elle a les mots justes. Et ça va clairement me relancer. J'ai franchement besoin d'un remontant. Je pose le cerveau et je me force à manger. Car si je m'écoute, c'est clair que je n'avale plus rien du tout!! Je suis simplement écoeuré. Vive les symptômes du coup de chaud !! 

 

Là, on ne rigole plus du tout. Je suis toujours pointé 2e et derrière, mes concurrents directs ont du sérieusement se rapprocher de moi car j'ai avancé tel un escargot dans cette dernière ascension. Bref, j'ai aussi fait comme j'ai pu...

 

Allez, je repars pour 10 km. J'essaie de garder le fil de la course dans ma tête et ne pas voir trop loin, donc je me fixe des objectifs plutôt courts. 

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

crédit photo http://www.photo-sourire.com/

A peine reparti, David CODA (3e) revient sur mes talons. Oups, là, ça se complique sérieusement pour moi car si il accélère, je ne suis pas certain d'être en mesure de pouvoir suivre son rythme. 

 

Et c'est exactement ce qu'il se passe. On échange sympathiquement quelques mots, et je sens que le mal est fait aussi de son côté. Ca c'était la bonne nouvelle: On est tous cuits !!! Donc maintenant ça va se jouer au mental et rien d'autre... Mais bon, il me dépasse et je le laisse filer! 

 

Juste avant le prochain ravito, je rattrappe David C. Il me dit qu'il "a un coup de moins bien!". Je l'encourage à serrer les dents, à ce moment là, je crois qu'on peut finir ensemble. Je prends quelques longueurs, et sans le savoir, je passe en tête de la course !!!!!!!!!!!!! 

 

En effet, l'homme de tête depuis le départ ce matin abandonne dans le même temps au prochain ravito et monte dans un véhicule de secours. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

PC 11, Théoule sur mer, Km 66. 

Nous arrivons presque ensemble avec David C. au ravito. Je m'asperge d'eau car la chaleur ne fait que grimper... Je me ravitaille, et je vois David C. repartir plus vite que moi du ravito. Peut-être se dit-il que moins de temps on reste ici, mieux c'est !!?? J'emboite le pas, mais là, ...... silence radio ....... plus de son ......... plus d'image....... je n'arrive plus à courir. Mes muscles se tétanisent. J'ai des crampes un peu de partout. Je vois le premier s'en aller sans rien pouvoir faire. Je n'en reviens pas, mes jambes me lâchent d'un seul coup! Je marche, et me dis que je vais pouvoir relancer plus loin, mais rien n'y fait. Mes jambes sont raides comme des bouts de bois, courir devient désormais une tâche compliquée, et il reste 10 km avant de voir l'arrivée. L'histoire s'annonce épique ! 

 

L'ascension au Rocher des Monges se fait dans une douleur sans nom! Je n'arrive pas à suivre les coureurs qui me rattrapent. Je me concentre au maximum mais le pas est (trop) lourd. Au sommet, je relance avec le peu de force qu'il me reste. Je descends comme un "papy". Juste le fait de toucher les cailloux est une souffrance. 

 

Après quelques lacets, je retombe sur la fin du parcours de la veille (25 km). J'arrive à visualiser le parcours et ça m'aide énormément. Des coureurs me rattrapent mais c'est impossible pour moi de les suivre. Je me focalise uniquement sur mes forces. Le mental fait le reste !

 

Dans ma tête, les pensées plus ou moins bonnes s'entrechoquent. Je pense à énormément de choses. Et même si le petit diable vient taper à la porte pour me sommer d'abandonner, il est hors de question de lâcher l'affaire. Je suis soutenu par tellement de personnes, famille, amis, partenaires, le projet crohn, etc...

 

Tout ça m'emmène aux 2 derniers kilomètres. Ici, j'ai la sublime surprise de (re)trouver Carole venue me rejoindre pour m'encourager ... avant de rallier les plages nous conduisant au tapis rouge! Je n'ai jamais été aussi content de voir le château de Mandelieu La Napoule, et ainsi, de rallier la ligne d'arrivée quelques minutes plus tard. 

 

J'en termine à bout de force. Je suis Finisher !!!!! Le massif montagneux volcanique de l'Estérel n'aura pas eu raison de moi!!! Je ressors donc vivant des entrailles de ses calanques !!!!! Ouffff !!!!! J'ai bien failli y rester ...

 

Je suis finalement classé 6e / 100 au scatch de ce challenge des Balcons d'Azur au bout de 13h d'effort (cumulé) pour un total de 105 km et 4500 D+

 

Je vais sans aucun doute tirer plusieurs très bonnes leçons de cette course car jai l'impression d'en être ressorti grandi. Décidemment, on apprend toujours.

Je retiendrais pour ce parcours beaucoup de technicité, et des points de vue imprenables sur la mer. Franchement chouette !

 

Merci à l'organisation de nous proposer un tel w.e, et bien entendu merci à tous les bénévoles sans qui la course serait impossible.

 

Je tiens à féliciter tous les coureurs qui ont franchi la ligne d'arrivée, car franchement, pour une course de début de saison, je pense qu'elle va laisser des traces sérieuses dans les organismes. 

Défi UTBA - Dans les entrailles des calanques de l’Estérel !

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 16:03

A toi Philippe, et à toi Jean Luc

 

Il y a des époques qui ne s'oublient pas ...

 

En mars dernier, je suis invité par le Team Organisateur de la cyclosportive LA BISOU afin de présenter mon projet Un Crohn Une Montagne Un défi: Vaincre les MICI à l'occasion de l'assemblée et de la présentation de sa 14e édition. 

J'accepte bien volontiers l'invitation et présente avec beaucoup de joie, devant 200 personnes dans la salle de Peronnas (01), mon projet pour cette saison 2016, à savoir courir et récolter des fonds pour l'Association François Aupetit et les malades de Crohn.

 

A la suite de cette présentation, j'ai reçu de nombreux messages de soutien avec des personnes souhaitant m'aider d'une manière ou d'une autre pour la réalisation et l'aboutissement de mon défi. Ce fut une satisfaction intense d'être compris et encouragé à ce point. 

Après quelques discussions avec les copains de "la Bisou", l'idée de participer à cette 14ème édition n'a en fin de compte fait qu'un seul tour dans ma tête. Ca sera ma première course cycliste depuis 11 ans sans accrocher de dossards!

 

Le dimanche 10 avril, je me présente donc à Peronnas afin de parcourir les routes mythiques du Revermont. Au fur et à mesure que le départ approche, les souvenirs viennent se bousculer les uns après les autres dans ma tête, comme si je n'avais jamais arrêté le vélo de compétition. Tout revient subitement, les courses, les odeurs d'huiles camphrées, les réglages d'avant course, etc... bref, cette fois j'y suis vraiment !

Profil Bisou 140km - 2000 D+

Profil Bisou 140km - 2000 D+

Quand je me présente au départ, j'ai la grande surprise d'être attendu et accueilli sur la première ligne du peloton aux côtés des porteurs de maillots distinctifs. Jaune. A pois. Vert. Blanc. J'avoue que sur cette ligne de départ, avec 600 autres coureurs derrière moi, l'émotion fût énorme. Je serre des mains les unes après les autres, tout le monde se souvient... merci à tous. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Le discours de la femme de Philippe (BISOU) tragiquement disparu alors qu'il était sur son vélo et tué sur la route (Nous ne le répèterons jamais assez, conducteurs de véhicules à moteur: "Attention à nous cyclistes qui sommes très vulnérables" !!!) et le discours de Olivier FELIX (pour saluer la mémoire de son grand frère J.Luc parti bien trop tôt lui aussi) m'ont ému au plus haut point. 

 

Puis tout s'enchaîne très vite, la musique fait son apparition juste avant de lancer les coureurs. Et là, pas n'importe quelle musique puisqu'il s'agit de : "Vangelis- Across The Mountain" LA musique du départ de l'UTMB. On reconnaît bien la patte de Benjamin Jacquet (trailers dans l'âme!). On s'y croirait, et cela vient ajouter une note supplémentaire d'émotions. Bref, la manifestation est à son comble, cinq, quatre, trois, deux, un ... le départ est donné pour 140 km et 2000D+ sous un soleil resplendissant. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Le départ fictif dans Péronnas se fait derrière les motos et voitures officielles de course. En moins d'une minute, j'ai repris tous mes automatismes et tous mes repères. Rouler dans un peloton, qui plus est nerveux, n'est pas une tâche facile pour celles et ceux qui n'ont pas l'habitude. Moi, je peux compter sur 20 ans d'expérience et je peux dire, tout de suite, que ça m'a franchement bien aidé tout au long de la course. Savoir se placer. Savoir faire l'effort au bon moment. Savoir laisser faire. Se cacher. Se montrer, ...

 

Le départ réel est lancé à la sortie de la commune de Peronnas, et ça roule déjà très vite. Je vois 50 km/h sur des bouts droits. Ca part dans tous les sens. Il y a des attaques un peu de partout. Moi, j'ai décidé de rester dans les roues. Je n'ai absolument aucun repère quant à mon état de forme et encore moins sur un vélo. 11 ans sans compétition, ça ne s'improvise pas! Donc la stratégie est simple, on laisse les Elites se battrent devant, et après la première difficulté de la journée, on essaie d'accrocher un groupe et de ne plus le lâcher. 

 

Tout vient à point à qui sait attendre. Le premier GPM pointe le bout de son nez. Je respecte ma tactique à la lettre. Je ne me mets pas dans le rouge dans cette première ascension du Mont July. Je monte à mon train en gardant quelques bonnes roues. Je me surprends même à revenir sur un petit groupe dans lequel je retrouve deux copains, Nicolas Poncin et Cyril DUBUS. Cyril me demande si je me suis remis au vélo, je lui réponds ironiquement : "Oui seulement pour aujourd'hui!". Puis là-haut, on bascule ensemble. 

 

Devant, le trou est fait. Maintenant, il va falloir s'accrocher dans cette descente sinueuse et parfois très technique. Je garde la roue de Nicolas qui descend vraiment fort. Franchement, ça va très vite! Et puis, je laisse malencontreusement quelques mètres à la sortie d'un virage, et je dois me résoudre à laisser filer ces quelques coureurs. Je sais d'expérience que je ne reviendrais pas dessus tout seul. Alors je laisse quelques coureurs revenir sur moi avant d'attaquer la côte pour rejoindre le col de France. Là, on y voit plus clair, je me situe dans un bon groupe constitué d'une vingtaine de coureurs environ, mais devant ça roule fort, et on ne reviendra pas comme ça, sauf si tout le monde s'y emploie. Oui mais voilà, ce Mont July a déjà laissé des traces, et la loi du "chacun son rythme" prend désormais toute sa mesure. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Très rapidement arrive le 2e GPM du jour, soit l'ascension d'Arnand. J'ai vraiment de très bonnes jambes aujourd'hui. Le groupe grimpe sur un sacré bon tempo. Mais malgré ça, un autre groupe rentre sur nous juste avant le GPM. Du coup, mon groupe devient un peloton bien étoffé. 

 

Je connais chaque route, chaque paysage. Le tracé de la course est grandiose. Il y a un très bon esprit dans le peloton qui, néanmoins, n'amuse pas le terrain. Les bords de la rivière d'Ain sont toujours aussi majestueux aux abords du village de Thoirette et de Corveissiat. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

L'ascension au GPM 3, Cornod, va faire perdre quelques éléments du peloton par l'arrière. C'est une course usante, et c'est souvent comme ça que le tri se fait. Mes jambes répondent toujours aussi bien. On passe le 3e Grand Prix de la Montagne sans trop de difficultés. Je suis vraiment serein. Je savoure chaque instant. 

 

Je remarque depuis quelques kilomètres que l'on reprend beaucoup de coureurs seuls et isolés. Devant aussi ça doit bien écrémer! C'est pour ça que je profite de chaque instant dans ce peloton, car qui sait, c'est peut-être bientôt à mon tour de passer par la fenêtre? 

 

La difficulté tant attendu du jour arrive: la grimpée au Grand Corrent. Tout le monde la connaît. Elle est redoutable et ses pentes sont parfois bien raides. Je me détache naturellement aux coups de pédales avec 4 autres coureurs. Au sommet, on fait un peu le forcing pour essayer de se détacher complétement, mais l'avant garde du peloton veille au grain, et malgré une descente (très) rapide après le GPM, nous sommes repris. Pas grave, je me suis fait plaisir. Alors comme mes compagnons, je rentre dans le rang et fais attention aux bordures qui se créent à cause d'un vent prononcé de côté. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

La route nous emmène ensuite au pied de Saint Martin du Mont. Après une descente bien raide et sinueuse depuis Neuville-sur-Ain, la pente se dresse soudainement. Je vois l'ami J.Marc prendre quelques longueurs, et insister au palier de la côte pour se détacher complétement. Je décide alors de jouer ma carte en relançant franchement l'allure au sommet. Je parviens à rejoindre J.Marc (porteur du maillot vert) juste après ce dernier GPM de la journée, sommet de Saint Martin du Mont. Je n'attends pas dans sa roue, je relance immédiatement dans la descente. On se passe les relais, comme deux bons vieux briscards, le trou est fait avec le peloton. Mais le tracé désormais plus roulant avec le vent défavorable aura raison de nous deux, et le peloton reprendra l'avantage sur nous. Nous sommes repris. 

 

A partir d'ici, soit à 20 km de l'arrivée, il n'y a pas cinquante stratégies à adopter, il faut rester dans les roues, se refaire une cerise, et espérer pouvoir bien se placer dans le final pour disputer le sprint dans l'emballage final. 

 

Les kilomètres défilent vraiment très vite. Ca roule fort avec un léger vent de côté qui rend le peloton nerveux. J'aperçois régulièrement 50 km/h au compteur, ça donne une "petite" idée. 

 

A 10km de l'arrivée, au métier, je me replace sans "manger" de vent. Et je ne lâcherais plus ma place (dans les 10 premiers) jusque dans l'entrée de Peronnas. 

 

Ca "frotte" beaucoup, ça me plait, il me reste des jambes et du jus dans le moteur. Pour l'honneur, je disputerais ce sprint. A 200m de la ligne, je vois Nicolas P. me déborder par la droite, je le suis, mais ne parviens pas à le dépasser. Je finis donc 2e de ce beau peloton, à une anecdotique 102e place / 600 coureurs au départ, soit à 20' de la belle victoire du talentueux coureur SAVICKAS Zydrunas (BAC01). Mais bien sûr, l'essentiel n'est pas là. 

Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe
Crédit photos Ludivine Maître Soupe

Crédit photos Ludivine Maître Soupe

A peine la ligne franchie, la poignée de main avec Nicolas est sincère. D'instinct, je lui dis que cette arrivée m'a rappelé des merveilleux souvenirs. En effet, en 2005 je remportais cette même course devant ce même Nicolas P. Mais cette fois, il a eu sa revanche. :-)

 

Le plaisir que m'a provoqué cette 14e BISOU est unique. L'organisation a été au top du début à la fin du parcours. L'encadrement des motards pour la sécurité des cyclistes était digne des plus belles étapes du circuit. 

 

Je crois que le vélo on l'a dans la peau, ou pas du tout. Un jour, Jean Luc F. m'a dit:" Si tu prends le virus, il ne te quittera plus jamais!". Il avait raison. Je vis vélo. Je respire vélo. Je mange et bois vélo. Je ne manque jamais une grande classique ou un grand tour à la télévision. Ce sport me procure des émotions et des sensations uniques. Cette discipline, sur laquelle on tire à boulets rouge depuis des années, est l'un des plus beaux sports.

 

Ce matin, quand j'ai rechevauché mon vélo en direction de la ligne de départ, je savais que la journée serait exceptionnelle, sportivement et humainenent !

 

J'ai fortement pensé à nos deux copains Jean Luc et Philippe que j'ai longtemps cotoyé sur un vélo. Cette pensée n'a cessé de vivre en moi durant toute cette cyclosportive. Ils étaient avec moi. 

 

Un énorme MERCI à toute l'équipe organisatrice pour une course sans faille! BRAVO!! Merci à mon assistance! Merci à tous les copains! Tous vous revoir après autant d'années m'a fait extrêmement plaisir! Comme si on ne s’était jamais quitté. On a vécu une belle époque, et je crois que tout simplement ça ne s’oublie pas... Merci aussi à tous les bénévoles sans qui un tel évènement ne pourrait pas avoir lieu!

 

Ce fut une course parfaite à bien des niveaux! J'avais des (super)jambes et ... 11 ans après ... j'ai de nouveau pris un plaisir fou!

 

140km. 2000D+. 4h08'. 33 km/h de moyenne.

 

‪#‎AlpettazMultimedia‬ 

#‎flipbelt‬ 

#‎rapha‬ 

#‎raphastyle‬ 

‪#‎leveloplusqunepassion‬

‪#‎raphatravel‬ 

#‎sawondosport‬

 

Je donne rendez vous à tous les amoureux du vélo, le 4 septembre prochain, dans mon village natale à PERREX à l'occasion de la 1ère édition de la JEAN LUC FELIX. Assurément un Grand moment pour rendre hommage à un GRAND bonhomme !

La BISOU ... 11 ans après
La BISOU ... 11 ans après
La BISOU ... 11 ans après

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