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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 07:42
ITW Romain par MyVictories

Je vous présente la dernière ITW au sujet de mon projet: "Un crohn une montagne un défi: Vaincre les MICI !" 

 

C'est toujours aussi sympa de répondre à des questions afin de pouvoir mettre en avant ce défi. 

 

Merci à toute l'équipe de MyVictories pour le coup de pouce. 

 

Vous n'avez plus qu'à cliquer sur le lien ci-dessous.

 

Bonne lecture !

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Published by the way of my life
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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 14:52
CCC 2016

Quand tu pratiques le Trail, tu te dis qu'il y a des rendez-vous incontournables. Les épreuves de l'UTMB en font partie. Elles sont à réaliser au moins une fois dans sa vie. L'ambiance et l'atmosphère y sont tellement différentes d'ailleurs. 

 

Alors oui, on dit ce qu'on veut sur l'UTMB. On a le droit de le critiquer, de se plaindre du côté "bling bling" de l'évènement, d'être "chafouin" quand on lit la liste de matériel obligatoire à emporter durant toute la course, ... mais franchement avec un minimum de recul, il n'est pas difficile de constater comme son titre l'indique que nous sommes réellement sur le sommet mondial du Trail.

 

Ici on réunit un nombre de nationalités impressionnantes, les meilleurs trailers et Ultra-trailers du monde entier. Ca en vient de tous les coins du globe, et peut-être même d'autres planètes (qui sait?) quand on voit les extra-terrestres finishers aux chronos stratosphériques !!! C'est un des MONUMENTS du Trail !

CCC 2016

Moi, j'accomplis un rêve éveillé quand je me retrouve sur la ligne de départ à Courmayeur en Italie. Il est 8h40', j'ai les yeux grands ouverts, les oreilles qui sifflent. Une foule incroyable se trouve sur le bord des routes. Les hymnes nationaux retentissent, dans l'ordre, celui de la Suisse, la France, et l'Italie. Puis vient le moment tant attendu. Le moment qu'on a rêvé une bonne centaine de fois (si ce n'est pas plus) bien secrètement. Une chanson que l'on fredonne dans sa tête, le matin au petit dej, ou à l'entrainement... "Vangelis" !!!! L'hymne de l'UTMB. J'aperçois l'hélicoptère au dessus des 1900 coureurs prêts à en découdre. L'ambiance est folle. Ici, on sait bien faire les choses. Les larmes me montent aux yeux, l'émotion me gagne. Je suis le premier surpris car ça ne m'était encore jamais arrivé. J'ai des frissons et les poils qui se dressent sur les bras. J'ai tellement rêvé d'être là et de vivre cet instant. Deux mots me viennent et résument bien l'ensemble: Magique et unique !

Parcours C.C.C 2016 - 101 km - 6100 D+

Parcours C.C.C 2016 - 101 km - 6100 D+

Ma stratégie est on ne peut plus simple. Jusqu'à Champex-lac c'est interdiction de faire autre chose qu'un footing souple, tout en relâche. Les pulsations sont contrôlées et les muscles épargnés Ensuite, à Champex on fera un point et on avisera.

 

La journée s'annonce merveilleuse. La météo est exceptionnelle. Le ciel est d'un bleu limpide, et le soleil ne sera pas radin aujourd'hui. Nous allons cuire !!!

 

9h00', le départ est donné. 

Crédit photo UTMB
Crédit photo UTMB
Crédit photo UTMB

Crédit photo UTMB

On traverse Courmayeur sous les applaudissements du public. Les cloches retentissent et raisonnent dans les rues en pavés. Pas de doute, la ferveur Italienne pour le trail est intacte. La pente s'élève rapidement dans les ruelles. Je cours tranquillement et je ne me laisse pas perturber par ces dizaines de coureurs qui me doublent de toute part. Je sais ce que je fais, je sais où je vais. D'ailleurs, quand j'entends le souffle (déjà!!) très court de certains, je me demande au fond de moi si ils savent bien sur quoi ils se lancent aujourd'hui, bref.

Nous délaissons en fin de compte rapidement le bitume pour les sentiers qui nous mèneront au sommet de la Tête de la Tronche. L'ascension se veut longue et régulière. Je suis pris dans le flot de coureurs, nous sommes à la queue leu leu mais le rythme me convient parfaitement. Nous sortons des bois et j'en profite pour admirer les glaciers de l'envers du Mont Blanc, le spectacle est juste fantastique. Je franchis le sommet de la Tête de la Tronche en 1h51' - 1435 D+ plus haut que le départ. Je suis pointé 153e

CCC 2016

Le passage au refuge Bertone se fait tranquillement. Sans m'arrêter, j'ai le temps de remplir mes flasks et je laisse le célèbre refuge italien derrière moi afin de rejoindre son compère Bonatti. La traversée entre les deux refuges me laisse sans voix. Sans aucun doute qu'il s'agit du spot le plus joli que j'ai eu le droit d'apercevoir en Trail. J'invite chacun, amoureux de la montagne, à aller voir par grand beau temps ce balcon car ça vaut le détour.

J'imprime mon rythme, et je contrôle sans cesse mes pulsations. Je gère bien ce début de course. Je prends le temps de marcher pour manger mes sandwichs made by Naturo'Romain! Sur un format comme celui-ci, c'est véritablement important de ne pas oublier de manger rapidement sinon le contrecoup, quelques heures plus tard, peut être fatal. Tout s'enchaîne merveilleusement bien, refuge Bonatti 3h12' - 141e, puis la descente sur Arnouva 3h46' - 128e . Les jambes sont au top, j'en suis ravi. 

CCC 2016

Puis, la course se dirige vers le grand col Ferret en passant par le refuge Elena. Gros coup de chaud! Je sens la température augmenter et pas un arbre pour s'abriter. Je plonge ma casquette dans chaque fontaine d'eau et m'asperge la nuque dès que j'en ai l'occasion. La montée au grand col Ferret se passe bien. Je suis dans le rythme. Je double une légende: Lizzy Hawker qui n'a pas l'air au mieux. Au sommet, 4h56' - 117e, je me prends quelques secondes pour contempler ce panorama exceptionel, et hop, je plonge en Suisse direction la Fouly !

Je reste extrêmement concentré sur cette portion nous menant du grand col Ferret jusqu'au pied de la montée vers Champex-lac. Il s'agit de 20 km de descente. Ma stratégie est claire: je ne dépasse pas 12 km/h et je laisse mes concurrents me doubler si ils le souhaitent, je ne m'accroche surtout pas. Je respecterais à la lettre cette stratégie. Et le futur me prouvera que j'ai eu raison.

CCC 2016

A la Fouly, km 42 / 2803 D+ - 5h57' - 110e, j'ai l'immense joie de retrouver mon assistance. Prête au rdv pour m'encourager. Les apercevoir me comble de bonheur. Je me sens vraiment bien. Je ne tarde pas trop. Je remplis les flasks et je repars. Tout en gardant mon rythme, je rattrape pas mal de coureurs, qui pour certains sont (déjà) dans un sale état. Les villages traversés avant de rallier Praz-de-Fort sont splendides! Chalets en bois, fontaines, ambiance montagne. Tout est carré, à la Suisse!

A Praz de Fort, on traverse la route pour se présenter au pied de la montée vers Champex-lac. Je sors mes bâtons tel un conquérant. Pour moi, la course commence vraiment ici ! J'ai géré jusque là pour entamer ma chevauchée fantastique (qui n'en sera peut-êre pas une!). J'avance sur un bon rythme, mais un mal de ventre commence à pointer le bout de son nez! "Ah non, pas maintenant" me dis-je! Plus j'avance, et plus j'ai mal. La douleur se situe au niveau de l'estomac. Je m'arrête pour uriner, et là grosse frayeur, l'urine est très foncée et la miction très douloureuse. J'ai peur pour mes reins. Du coup, je gère tant bien que mal mon ascension vers Champex-lac. Là-haut, j'arrive dans un état de fraicheur un peu limite. Honnêtement, ce mal de ventre m'a clairement entamé !

CCC 2016

A Champex-lac, je suis pointé 98e en 7h50' de course avec (déjà) 3370 D+ dans les cannes. 

Mon assistance m'attend sous le chapiteau qui fait office de base de vie. Tout est parfaitement orchestré. Mes parents et Carole seront d'un réconfort extrême. Je me force à manger. Je sais que si je veux repartir ça passe obligatoirement par là. J'ai envie de me changer. Alors je quitte tout, et je remplace mon maillot, mes chaussettes, mes chaussures. Ah! ouf! Je me sens comme neuf, et surtout au sec et les odeurs en moins ... lol. J'ai pris le temps de me poser 5 minutes sur ce ravito. Essentiel pour moi afin d'envisager au mieux la suite de la course. Ce ne sont pas 5 minutes de perdues, mais 30' voir 1h de gagné pour la suite, comme reculer pour mieux sauter. 

Je repars de Champex-lac, (re)motivé à bloc. Je sais que ce que j'ai mangé va bientôt faire effet, et j'ai confiance en mes capacités à surmonter de tels passages. Surtout que je connais bien la suite du parcours. Je sais donc quand gérer, ou accélèrer...

Je me présente au pied de la montée vers Bovine. Je pousse sur les bâtons, je donne tout ce que j'ai. J'ai géré le début de course pour garder un maximum de force dans ces 3 dernières ascensions. A ce moment là, je me retrouve complétement seul. Pas de concurrents ni devant, ni derrière. Dai dai dai !!! Mon mal de ventre ne passe pas. Je fais avec. Je bascule au col et descend vers Trient. 10h08' - 93e. La bonne nouvelle, c'est que mon mal de ventre ne m'empêche pas de courir dans les descentes ni même sur le plat. En revanche, en montée c'est une autre histoire, je marche ! Belle descente donc pour rallier Trient.

Au col de la Forclaz, j'ai l'immense plaisir de retrouver Cyril (Trailer des Aravis). Nous avions fait la reco ensemble quelques semaines plus tôt. Grand moment! Ce genre de rencontre vaut mieux qu'un gel énergétique !

CCC 2016

Trient, 91e en 10h43' de course avec 4300 D+

Ici, je retrouve mon assistance fidèle au poste. Je mange ce que je peux, mais l'écoeurement n'est pas loin. Leurs mots me reboostent ! Je repars regonflé et la frontale sur la tête car d'ici quelques minutes je vais sans doute en avoir besoin. En effet, la nuit commence à tomber. 

J'entame la montée vers Catogne. Là, j'avoue, je suis collé au sentier. Je mets un pied devant l'autre et le mal de ventre ne s'en va pas. J'ai l'impression que ça me coupe complètement les jambes. Une phrase tourne en boucle dans ma tête: "Ne te soucie pas d'être lent, mais seulement d'être arrêté". Ne me demandez pas pourquoi j'avais ça en tête, je n'en sais rien moi même. N'empêche que cette phrase m'aura accompagné longtemps, très longtemps. Et je l'ai appliquée à la lettre. Malgré le mal de ventre, je n'ai jamais eu l'intention de m'arrêter. Je mettais un point d'honneur à avancer, tout le temps. 

Au sommet de Catogne, la nuit m'oblige à allumer ma frontale. Je bascule vers Vallorcine, la FRANCE j'arrive !!!

La descente est longue et parfois technique. Attention aux chevilles, ça serait dommage de s'en faire une maintenant aussi prêt du but. Les concurrents que je double ne sont pas bien du tout. J'ai à chaque fois un mot sympathique pour eux, mais je ne sais pas si cela arrive à leurs oreilles tellement la fatigue a l'air présente. 

Vallorcine, je suis 82e en 12h52'  de course avec 5155 D+.

Dernier point autorisé pour les assistances coureurs. Ici, j'ai la joie de retrouver Daniel qui me fait la très agréable surprise de sa présence. Une franche poignée de main, et un peu plus loin c'est mon père qui m'accompagne jusqu'à l'entrée du ravito. Je n'ai pas l'intention de rester longtemps ici. A la fois, j'ai envie d'en finir le plus vite possible et je me dis que si je m'assois trop longtemps le mal de ventre ne va que s'empirer. Fichtre alors !

Je repars direction le col des Montets. La talentueuse Népalaise, Mira Rai, me double au col et m'encourage. Je lève la tête et j'aperçois presque 1000 d+ plus haut des frontales en pleine ascension pour atteindre la Tête aux Vents, le juge de paix de cette (longue) journée. Mon sang ne fait qu'un tour, je me dis "allez, il faut y aller! C'est Fort Alamo". 

Je me lance dans cette terrible montée. Je suis scotché. Les jambes ne répondent plus! Plus de jus dans le moteur. Avec mon mal de ventre, je n'arrive plus à m'alimenter en solide depuis quelques temps et je suis en train de le payer. La note risque d'être salée au sommet. Je me fais doubler par au moins 10 coureurs. Je suis à l'arrêt complet. Je bute vraiment. Mais le moral, lui, ne lâche jamais. Je sers les dents. Je dois réussir à aller jusqu'au sommet.

2h plus tard, 15h03' - 92e, je suis pointé à la Tête aux Vents. Les connaisseurs apprécieront. Et dire que j'ai mis la moitié moins de temps à la reco 3 semaines avant !!! 

Au pointage, la bénévole me demande "ça va"!?. Je réponds que "non". Cette fois le mal est vraiment trop grand. Elle m'assoit dans l'herbe, et me met une couverture de survie sur les épaules. Elle me donne un cachet pour mon ventre. Puis, ... arrive le tournant, ... elle me donne un verre de coca cola. Quand je vois le verre, je sais pertinemment ce qu'il va se passer. Soit j'accepte et ça ressort tout, sois je le refuse et mon état ne s'améliore pas. Vaille que vaille j'avale cette m....

Je repars de cet endroit où je n'ai rien à y faire à part attendre et regarder les étoiles. Je remercie les bénévoles pour leur aide, je fais une dizaine de pas et je vomis comme jamais! Je reste là quelques minutes à crêpir les plantes sauvages de la Tête aux Vents. Sur le coup, je vis un cauchemar, mais dès que ça s'arrête, je ressens une libération intense avec un poids en moins. Je me remets à marcher et rapidement je retrouve une lucidité perdue depuis bien trop de km. Je retrouve un second souffle, une seconde vie sur cette belle CCC. La traversée pour rejoindre la Flégère se fait en alternance de marche et de course, mais je sens bien que ça revient! Je rebois petit à petit pour ne pas trop brusquer mon ventre. 

A la Flégère, 15h58' - 110e, je me ravitaille un peu et je bascule dans la descente. Musculairement je n'ai pas de problème, j'encaisse même plutôt bien. Le début est technique et je rattrape quelques coureurs. J'aperçois progressivement les lumières de Chamonix se rapprocher. Je finis très bien. 

Les derniers hectomètres dans les rues de Chamonix sont un pur bonheur. Je longe la rivière de l'Arve. Les personnes encore debout à cette heure-ci applaudissent chaleureusement mon passage. 

Au détour d'un dernier virage, je vois cette mythique arche d'arrivée. Une arche qui m'a fait rêver tant de fois. Une arche que j'ai regardé à mainte et mainte reprise en vidéo. Une arche qui me fait tout simplement vibrer. Je savoure cet instant comme rarement j'ai pu apprécier une arrivée. 

01h49' du matin, au bout de 16h48' de course, je franchis la ligne en 103e position avec 101 km et 6100 D+ dans les guiboles. 

CCC 2016
CCC 2016

Quelle fantastique (première) expérience sur un parcours de l'UTMB que cette édition 2016. Cette CCC a largement été à la hauteur de ce que je m'en imaginais. Ce fût pour moi un évènement inoubliable. Les points positifs sont nombreux. Je suis arrivé prêt physiquement et psychologiquement. Mes jambes n'ont pas failli. Ma gestion et stratégie de course étaient bonnes. D'avoir rencontré ce pépin à l'estomac va me permettre d'améliorer encore un peu plus mes connaissances en essayant de comprendre pourquoi et comment cela est-il arrivé? Ce qui est très intéressant pour la suite. Ce n'est donc que de la (bonne) expérience à prendre. Et puis ce genre de passage fait aussi parfois partie de l'ULTRA. 

 

Je tiens à grandement remercier tous ceux qui m'ont soutenu avant, pendant, et après cette magnifique CCC. Je pense à toutes les personnes qui ont cru en moi quand je me suis présenté à eux en début d'année et que je leur ai expliqué mon projet: Un Crohn une montagne un défi: vaincre les MICI! Je ne les énumère pas ils se reconnaitront tous ! Je suis touché dêtre entouré de toutes ces belles personnes. 

 

Pour clôturer, j'adresse un spécial Big Up à mon assistance de choc composée de ma belle Carole et de mes parents! Le trail comme je le conçois est une course d'équipe. Ils ont été de grands acteurs dans ma réussite et à l'origine de délicates attentions à mon égard. Merci à vous 3 !!!

CCC 2016
CCC 2016
CCC 2016
CCC 2016
CCC 2016
CCC 2016

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