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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 13:51
L' ULTRA RACE, ... une aventure Hors Norme

Mon histoire avec la MAXI RACE commence maintenant ​un peu à dater. Ma première participation remonte à 2008, mais à l'époque il s'agissait de "l'Annécime". Depuis, les années ont passé, ​la course a grandi et a fortement évolué, ​mais c'est toujours avec une immense joie d'accrocher un dossard et de (re)fouler les sentiers autour de ce lac. 

​D​es sentiers d'ailleurs que je commence à connaitre par cœur puisque depuis 7 ans maintenant c'est devenu mon terrain de jeu d'entraînements. 
​Autant dire que par endroit, je connais chaque caillou, ...
L' ULTRA RACE, ... une aventure Hors Norme
Cette année, la MaxiRace fait peau neuve avec un nouveau sponsor et un tout nouveau format qui me correspond beaucoup mieux: L'ULTRA RACE. 110 km. 7000 D+. Sur le papier, le profil est impressionnant, et en réalité il fait pâlir plus d'un quadri quand on connait un peu le secteur !!!
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Nous sommes le samedi 27 mai, il est 01h30' du matin. En clair, la nuit a été (très) courte. Aujourd'hui, j'ai une assistance de choc autour de moi, et il va bien falloir tout ça !
Mon père, Xavier, Benjamin vont former un trio incroyable avant d'être rejoint par Carole et Florence à Menthon-Saint-Bernard pour les derniers hectomètres de cette folle journée. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

J'ai la chance d'être positionné dans le premier SAS aux côtés ​de coureurs talentueux. Il y a franchement du très beau monde sur cette ligne de départ. Digne d'une course UTWT. Avant de lâcher les 900 coureurs, j'ai la possibilité de saluer une dernière fois mon assistance et de faire une bise à l'ami Cyril Cointre (organisateur de cette édition).
 
​Trois, deux, un, ... les fumigènes sont craqués, et nous partons fouler le bord du lac avant de retrouver les premières pentes du Semnoz. L'ambiance est sublime. Les départs de nuit procurent toujours une ​excitation particulière. 
Je me retrouve dans le groupe de tête, dans les foulées de François D'Haène, les américains, Caroline Chaverot, et j'en passe, ...
L'allure est bonne mais pas trop rapide. Ca me va très bien! Tout le monde sait que le menu du jour est copieux. Dès que les premières pentes du SEMNOZ apparaissent, je laisse filer volontairement tout ce beau monde et rentre définitivement dans ma bulle afin de faire MA course et de ne pas commettre d'erreur pouvant se payer cash par la suite. 
 
Je fais la montée du Semnoz à ma main, et ça se passe bien. Malgré la nuit, il fait déjà chaud. Mais néanmoins je n'hésite pas à remonter mes manchettes avant le sommet pour ne pas prendre froid. Un léger courant d'air, juste au niveau du restaurant portant le même nom, se fait bien ressentir. Je passe au sommet en 2h21' et rejoins illico mon assistance. On échange rapidement quelques mots, je refais le plein d'énergie, et me voilà reparti pour 50 km en autonomie quasi complète. C'est une des particularités de cette course, les coureurs sont tous à la même enseigne !
Credit photo: Cyrille Quintard

Credit photo: Cyrille Quintard

Je plonge vers Touvière et je rattrape pas mal de coureurs dans cette descente parfois technique. Dans la nuit, il est préférable d'avoir une bonne frontale, c'est mon cas, pour ne pas perdre trop de temps à essayer de deviner le terrain qui déroule sous nos pieds. Dans la descente, le but est d'appréhender au mieux chaque caillou qui peut très vite devenir un obstacle.
 
La remontée vers le col de la Cochette est une vraie vacherie. Certains sentiers sont totalement détériorés par les engins forestiers et c'est parfois dans une pataugeoire XXL que nous évoluons. Ça peut paraître comme ça anodin, mais l'état des pieds en prend un sacré coup ! 
Comme le SEMNOZ, je monte à ma main. Certains passages me surprennent vraiment. Les pourcentages sont parfois énormes ! Je passe au sommet du col de la Cochette en 28e position en 04h06'
Credit photo: Cyrille Quintard

Credit photo: Cyrille Quintard

La descente pour rejoindre le hameau "les maisons" est très pentue, et très technique. Le genre d'exercice qui laisse des traces. J'ai le plaisir de voir l'ami Didier "le Tiaff" en tant que bénévole. Aux "maisons" je refais le plein d'eau grâce à une rampe mise à disposition par l'organisation. 
 
D'ici au sommet du Mont Charbon, on prend 1400 D+. Pour ma part, j'essaie d’accélérer sérieusement. Je rentre pleinement dans la course. Ce côté du parcours est une totale nouveauté. C'est sauvage. Le massif naturel des Bauges est un territoire unique ! 
L'ascension jusqu'au sommet se veut longue et parfois difficile. Je suis concentré sur mon sujet. Le passage au niveau des escaliers ancrés dans la pierre est mythique. Le temps est clair, la vue sur le lac est somptueuse. Je passe au sommet en 21e position en 7h06'.
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je bascule vers la Combe d'Ire. Je rattrape Jules Henri Gabioud (vainqueur du Tor des Géants, et membre du Team Salomon Suisse) qui n'a pas l'air au mieux. La chaleur commence a fortement se ressentir. La descente est un véritable carnage pour les organismes. Les quadris hurlent à chaque impact au sol tellement la pente est raide et la caillasse nombreuse. Un chantier pas possible. A la combe d'Ire, j'ai le plaisir d'apercevoir mon assistance venu m'encourager. Je suis pointé en 18e position, en 07h41'. 

Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

La suite? Une véritable surprise! Les 600 D+ entre la combe d'Ire et le sommet du "Replent Dessus"  sont surprenants. Je ne m'attendais pas du tout à ça. C'est long. C'est parfois technique et c'est souvent ennuyeux. Je l'écris comme je l'ai vécu. On côtoie un chemin forestier la plupart du temps sans réel point de vue. Le sommet est donc un extrême contraste avec la montée car c'est sans doute un des points les plus beaux de la course. Vue sur le lac avec les chalets. 
On plonge sur Giez. idem que la précédente, cette descente est pentue, parfois boueuse, et laisse également des traces dans les quadris. 
C'est indéniable, je n'ai jamais fait un ULTRA avec un début de course aussi dur physiquement. Mais dans quel état va-t-on finir? Je double quelques concurrents pas au mieux ! 
 
A Giez, je suis 17e en 09h00' de course. 
Les 5 km qui relient Giez à Doussard sont bien casse pattes. De plus, la chaleur s'est cette fois-ci définitivement invitée et il va falloir composer avec. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Doussard, 9h47', 16e. 
Base de vie importante. La foule présente sur ce point est déstabilisante. Jusqu'ici, j’étais seul (ou presque) et là on retrouve les concurrents des différents relais, la maxi race, etc... C'est surprenant comme sensation. C'est comme si ça vous sortait brusquement d'un rêve éveillé. 
Auprès de mon assistance, il est l'heure de faire le point. Je suis largement dans mes temps de passage. Mon classement est plus qu'honorable. La fatigue est présente, mais je gère encore bien mon effort. Je suis régulier dans mon allure. J'avoue accuser un peu le coup pour la première fois. Mais je me dis que mon ravitaillement va me remettre sur de bons rails. 
 
Je repars de Doussard, motivé et déterminé. Je connais par cœur les 40 km restants. Mais l'ascension du col de la Forclaz se veut laborieuse. Je n'arrive pas (ou plus) à courir sur les parties plus roulantes. Bizarre. J'ai (très) chaud. Je m'aide excessivement de mes bâtons pour garder un rythme généreux. Je passe le sommet en 1h environ ce qui est une déception pour moi. Bref, passons. Je rejoins le village de Montmin où je prends le temps de me rafraîchir à la fontaine. J'ai une envie terrible de me jeter dans le premier ruisseau venu. Pas de doute, je suis en train de prendre un gros coup de chaud. Et là, il va falloir gérer la suite car mon garçon on n'est pas encore arrivé. Alors je sers les dents. Et vous savez comment ça se passe!? Quand le moral est en chute libre c'est tout le corps qui se met à faire mal. Je me ressaisis autant que je le peux. Je m'envahis de pensées positives et j'essaie surtout de continuer à boire et manger. Cette lucidité et cette force d'esprit peut m'emmener au bout. On fera le bilan à la fin !
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Cette portion entre le col de la Forclaz et le sommet du Roc de Lancrenaz est tout simplement grandiose. De la vrai montagne, authentique comme on l'aime. Les paysages sont à couper le souffle. J'habite par ici pourtant, mais c'est à chaque fois la même émotion qui me transporte. J’enchaîne: Chalet de l'Aulp, Chalet des crottes, Puis enfin le célèbre ROC avec vue sur la Tournette. Là haut, je suis pointé en 15e position en 12h39'.
 
La descente sur Villard-Dessus, tout le monde (ou presque) la connait. Un chantier! Extrêmement pentu, extrêmement technique, extrêmement difficile... Pourtant, j'aime cet exercice, mais aujourd’hui faut dire qu'on est servi. Chaque caillou vient taper dans les pieds, c'est un supplice! Pas d'autres alternatives que d'encaisser, et serrer les dents. A Villards-dessus, je suis pointé 14e en 13h16'.
 
Je l'ai déjà dit, mais je le redis. Je sais que beaucoup de coureurs pensent comme moi. Cette portion entre Villard-Dessus et Menthon n'a aucun intérêt. Et franchement, on passe là pour accumuler les km et rien d'autres. Mais bon, il faut rejoindre Menthon-Saint Bernard, alors pas le choix !
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

A Menthon, je suis pointé en 15e position, en 14h02'. Mon père m'accompagne quelques mètres avant le point de ravitaillement. Je lui fais part de mon inquiétude. J'ai mal. Où ça? Partout ! Je sens que quelque chose ne tourne plus rond.
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je me rafraîchis auprès de la fontaine et m'assois quelques instants entourés de mon assistance au complet. Les paroles d’encouragements fusent de toute part. 15e ! Tu te rends compte ? Porté par les miens, je me relève, fais quelques mètres, puis ..... trou noir ! 
Ils me diront, par la suite, que je me suis soudainement arrêté, porté par mes bâtons, puis me suis allongé sur un trottoir à l'ombre juste derrière une voiture en stationnement et me suis aussitôt endormi. Une première! Jamais, en course cela m’était arrivé. La fatigue était telle à ce moment là que mon corps a dit: "STOP!" 
Sous le contrôle de mes proches, je me réveille au bout de 15 minutes. J'ai vécu ce que je lis dans les nombreux récits d'ULTRA. Le sommeil est parfois inévitable, cette fois-ci, pour moi, ce fut le cas ! C'est une sensation incroyable. Le système nerveux se met en croix, et il faut se régénérer. Pas d'autres solutions ! 
Je repars de Menthon avec l'intention d'en terminer. Je suis accompagné par mon assistance sur quelques mètres, et je prends la direction du col des contrebandiers. Je sais que j'ai du perdre quelques places au classement général, mais peu importe, la santé prime avant tout ! D’ailleurs, je me sens mieux. Musculairement c'est encore un peu compliqué mais je me sens plus frais. Et ça, il me semble que c'est le plus important. Car avant Menthon, je ne prenais plus trop de plaisir... ceux qui ont déjà connu cette situation me comprenne certainement. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

La grimpée vers le col des contrebandiers s’effectue sur un rythme régulier. Les pentes sont raides par endroit mais on évolue à l'ombre alors ça fait du bien. 
Tout ça m’emmène au sommet du Mont Baron, l'ultime sommet de cet ULTRA de dingue. Je connais l'endroit par cœur. Cet hiver, nous sommes passés ici des dizaines de fois! Il me reste donc un peu de crête et la descente sur le petit port d'Annecy-le-Vieux en passant par le creux du loup. Je suis pointé 21e. 
Plus je descends, et plus je vois le lac se rapprocher, et plus j'entends le speaker sur la ligne. Le passage au petit port est mythique; Il reste 1 km de plat goudronné pour rejoindre le tapis rouge. Je reçois beaucoup d'encouragements et d'applaudissements. Il y a une vraie ferveur autour de cet événement, et un bon soutien de la part des autres. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand
Crédit Photo: Benjamin Dunand

Crédit Photo: Benjamin Dunand

Je franchis la ligne en 21e position, en 17h27'
 
La fierté du devoir accompli. La fierté d'avoir réussi à trouver les ressources mentales nécessaires pour aller au bout. Les accolades avec mes proches sont chaleureuses. Je les remercie infiniment pour leur soutien inconditionnel. Ils ont été au TOP du début à la fin, quelle équipe! OUI quelle équipe! Car dans ma conception, l'ULTRA n'est pas une sport individuel mais bien un sport d'équipe ! 
MERCI à mon papa, Carole, Xavier, Benjamin, Florence !!!!!
 
J'ai encore (!) beaucoup appris sur cette épreuve. Franchement, j'ai eu l’impression de plus subir sur cette course que sur le dernier GRR. Et pourtant ! 
L'ULTRA RACE est une course de costaud. Les chiffres parlent d'eux mêmes: 110 km / 7000 D+ / 50% d'abandon. 
Au départ, vu le plateau exceptionnel je visais un TOP 30, je termine à la 21e place. Contrat rempli. 
Crédit Photo: Benjamin Dunand
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Crédit Photo: Benjamin Dunand
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:23
A L'ASSAUT du GRAND RAID !

Le Grand Raid de la Réunion est un des grands MONUMENTS du Trail et notamment de l'ULTRA. Avec ses 170 km et 9900 D+, cette épreuve est considérée pour beaucoup comme l'une, si ce n'est la course la plus dure au monde. 

 

Pour moi, la "Diag" comme on a tendance à l'appeler en Métropole, c'est un rêve de gamin. C'est LA course que je rêvais de faire un jour. C'est LA course qui me donne des frissons rien que d'entendre son nom. Combien de fois j'ai rêvé de fouler son sol, ses sentiers techniques, sa terre volcanique, ... ?

 

La Diagonale des fous est aussi la grande fête du Trail sur une terre "intense" et unique ... de Trail! Traverser son île du Sud au Nord en passant par ses somptueux cirques de Cilaos et Mafate, ça a de quoi faire rêver !!! En tous cas moi, je trouve que ça a du sens. 

 

J'ai attendu longtemps avant de m'aligner sur ce mythe car je voulais être prêt le jour où je m'y présenterais. Je suis toujours parti du principe qu'il fallait respecter les étapes, et son corps. Encaisser un Grand RAID ce n'est pas rien, il faut indéniablement être (très) préparé. L'heure était venue. A partir du moment où j'ai reçu la confirmation de mon inscription, j'y ai pensé tous les jours! Lors de chaque entraînement, chaque matin en me levant, ... je pensais au Grand RAID !

 

Récit d'une épopée magique où le rêve est (enfin) devenu réalité  

A L'ASSAUT du GRAND RAID !

Jeudi 20 octobre - SAINT PIERRE - 22h

 

J'ai la chance d'être positionné par l'organisation dans le sas Elite aux côtés de certains des plus grands noms (actuels) de l'ULTRA et notamment de l'ULTRA WORLD TOUR. Je n'ai sincèrement pas l'habitude de côtoyer tout ce beau monde. Je savoure chaque instant en attendant le départ. J'ai les yeux (grands) ouverts comme un enfant devant son premier jouet ! Je regarde, j'écoute, j'observe, j'apprends!

Crédit photo Gil Victoire

Crédit photo Gil Victoire

Sur la ligne de départ, l'ambiance est à son comble! Je n'ai jamais vu une telle ferveur autour d'un événement TRAIL. Les journalistes radio et TV sont omniprésents, le rendez-vous est Ultra médiatisé. La foule est en délire. Le speaker fait monter la sauce! Le menu créole s'annonce épicé.

Crédit photo Gil Victoire et Philipp Reiter
Crédit photo Gil Victoire et Philipp Reiter

Crédit photo Gil Victoire et Philipp Reiter

A 22h précise, les fous sont lâchés. Etant sur la première ligne, je décide de partir (très) vite pour ne pas me faire écraser par les 2600 raideurs derrière moi. Je me sens, malgré tout, poussé de toute part tel un rouleau compresseur. Ca me fait limite flipper. Quelle désagréable sensation. Ici, pas le droit de tomber sinon tu te fais piétiner! Au bout de 300 mètres, j'arrive à me caler sur la droite de la route et (re)prends un rythme plus raisonnable. Je laisse ainsi tous ces "fous" me doubler comme si nous partions pour un 10 km. Hallucinant! Je me mets immédiatement dans ma bulle, et à partir de là, plus rien (déjà!) ne compte à part moi et mes sensations.

credit photo Philipp Reiter

credit photo Philipp Reiter

Cinq kilomètres de littoral bordés d'un public hurlant. La marée des 2600 raideurs fait pâle figure au milieu de ce monde gesticulant. Mes oreilles sifflent. Il faut le vivre pour y croire! Je suis témoin d'un beau feu d'artifice lancé depuis la plage. La fête est belle.

 

Le calme revient peu à peu. Je suis (très) concentré sur mon sujet mais savoure néanmoins chaque instant. La route s'élève progressivement le long des champs de cannes à sucre en direction de Domaine Vidot. J'y arrive plus vite que prévu, en 1h22' et étonnamment (très) bien. La nuit étoilée est superbe. Les premiers sentiers font leur apparition, puis les ravines techniques. Je cours beaucoup dans les côtes, je sais (déjà) que je suis dans un GRAND jour! 

Vendredi 21 octobre 00h55' - NOTRE DAME DE LA PAIX

 

L'avance augmente sur mes prévisions de manière importante. Je me demande si je ne suis, en fin de compte, pas parti trop vite. Mais non! Toujours aussi concentré, je surveille souvent mes pulsations cardiaques, tout est OK. Ravito aux côtés de Carole. Tout se déroule à merveille. Le froid s'intensifie. Nous grimpons ensuite les alpages en direction de Piton Sec. J'ai l'agréable surprise de (re)trouver Pascal Massou (2EP). On échange brièvement quelques mots, et courons un bout ensemble. Connaissant quelques personnes en commun, c'est un plaisir de papoter sous les étoiles. Je double la vedette réunionnaise Marcelle Puy, visiblement pas au mieux de sa forme. 

crédit photo Philipp Reiter

crédit photo Philipp Reiter

2h22 - PITON SEC

 

Je suis pointé à la 68e place. Mention spéciale à tous ces bénévoles au ravito de Piton Sec. Déguisements, musique disco au taquet, boule à facette, ambiance surréaliste, ... Absolument fantastique! Pas trop le temps de profiter de tout ça, je continue mon bonhomme de chemin. Je repars seul alors que je pensais que les coureurs qui m'accompagnaient jusque là m'emboiteraient le pas. J'aperçois quelques trouées de frontales des coureurs se trouvant un peu plus haut. Ca me donne des bonnes balises. La route continue à s'élever. Un peu de technicité en côte où je cours en continu me prouve l'excellente forme du jour, puis la longue portion de route qui la suit où j'avale le macadam avec facilité pour rattraper quelques coureurs (dont Pascal Blanc blessé à qui je témoigne mon respect et mes encouragements) me le prouve définitivement. 

3h09 - PITON TEXTOR

 

41e km. 52e. Il fait froid. Je ne m'arrête pas. Je découvre une magnifique portion descendante au milieu des alpages en direction de Mare à Boue, technique à souhait. Je manque à trois reprises de tomber tellement le terrain est délicat. Mais aujourd'hui, tout est réuni pour que je reste solidement sur mes deux jambes. Un bon signe. Garder les yeux rivés au sol est impératif. La lune et le ciel étoilé laissent place à un spectacle incroyable et je peux aisément constater la beauté des paysages environnants. Au chalet des Pâtres, je retrouve une nappe de brouillard qui rend l'ambiance digne d'un film de Steven Spielberg. Je rejoins Carole pour un ravito express à Mare à Boue. Sa présence, sa concentration, sa détermination m'impressionnent, ... nous formons une belle équipe. 

4h16' - MARE A BOUE

 

51e km. 48e. Cap vers Kerveguen. Le sentier monte tout régulièrement jusqu'au passage des échelles du coteau maigre, puis plonge rapidement par 6 échelles métalliques vers la forêt Duvernay, soit 1000 mètres de dénivelé positif sur un sentier qui longe un gouffre vertical. C'est (très) technique. Ravines, roches glissantes, racines, rondins, ... malgré ce profil "créole" épicé, je mène un bon rythme et rattrape un coureur italien avec qui je vais quasiment effectuer toute l'ascension. Au sommet, mon compagnon d'aventure semble accuser le coup. Je suis subjugué par le levé du soleil qui offre des couleurs stupéfiantes sur le Piton des neiges. 

crédit photo Philipp Reiter

crédit photo Philipp Reiter

A l'embranchement du GR, je bascule dans la descente technique et périlleuse de Mare à Joseph. 1,8 km, 900 m de dénivelé négatif. Une pente qui m'aspire littéralement dans son antre indomptée. Jamais je n'avais vu ça auparavant. La nature te montre, ici, à quelle point elle a voulu rester maître des lieux et décidée à s'opposer à l'intrusion humaine. Cilaos parait à la fois si bas et si près. Ca vire étroitement dans tous les sens. Une fois à droite, une fois à gauche au milieu des éléments malveillants. Il faut s'agripper, sauter, freiner, chevaucher, relancer. Je fais attention de ne pas lâcher trop de jus à ce jeu captivant. 

 

A  Mare à Joseph, 6h37', je suis pointé à la 39e place. Je descends la Ravine Bras de Benjoin, puis je traverse à gué la ravine pour remonter vers le stade de Cilaos. Je double Freddy Thevenin. Une tape amicale sur la tête. La talentueux réunionnais vient de lourdement chuter. Pour lui, la fête semble finie. Le parcours ne laisse place à aucune pitié. 

A L'ASSAUT du GRAND RAID !

7h05' - CILAOS

 

67e km. 36e. J'entre seul dans Cilaos. Je trouve Carole ma fidèle assistante à la sortie du stade. J'en profite pour changer de chaussures et de vêtements. Je délaisse mon bandeau pour la casquette "no style" type saharienne. Me retrouver au sec me fait beaucoup de bien. Je suis calme. Dans quelques minutes, je sais qu'un gros morceau m'attend. Je traverse ce magnifique et typique village montagnard, mondialement connu pour ses thermes et sa culture de lentilles, pour rejoindre le sentier des porteurs, Source Piment, puis Cascade Bras Rouge. En contrebas, je traverse le bassin Foucquet et j'attaque (enfin) la célèbre montée du Taïbit. Je me sens tellement bien! L'endroit est superbe. J'effectue cette première ascension à un bon rythme jusqu'au Pied du Taïbit. Je retrouve Carole avec qui j'échange quelques mots. Une émotion inattendue me gagne. Je réalise que je ne la reverrais qu'après la traversée du cirque de Mafate, c'est-à-dire dans à peu près 9h/10h (si tout va bien). Un regard complice me propulse sur la seconde partie de cette célèbre montée. La chaleur est supportable mais en nette progression. Je relance en courant dès que la pente diminue. L'hélicoptère de Canal Grand Raid tourne au-dessus de moi. Il reste facilement 5 bonnes minutes pour me filmer sous tous les angles. J'imagine que la vue depuis là-haut doit être sympa. Cette année, je ne suis pas derrière mon écran à admirer les raideurs, ... je suis acteur! Le bruit assourdissant des hélices me donne des frissons. On se croirait sur une étape du Tour! Pas de doute, j'y suis! Au col du Taïbit, je bascule et rentre pour de bon dans Mafate. La descente vers Marla se fait au milieu des acacias. D'abord très pentue avec de gros blocs à passer, elle se fait ensuite plus douce afin de rejoindre le village.

crédit photo Philipp Reiter
crédit photo Philipp Reiter

crédit photo Philipp Reiter

9h49' - MARLA

 

80e km. 31e. Je prends le temps de me ravitailler. Je sais ce que j'ai à faire. Le contact avec les bénévoles est chaleureux. Ils sont aux petits soins. Chapeau à eux! Je suis impatient de découvrir Mafate. Je poursuis mon chemin en direction de la Plaine des Tamarins. Après la chapelle, le sentier traverse la ravine de Marla où je suis fortement encouragé par des locaux venus regarder le passage des coureurs. Les nuages menacent soudainement jusqu'au col des Boeufs. Quelques gouttes se mettent à tomber, j'hésite un moment avant de mettre un coupe vent. Ce que j'exécute finalement assez rapidement afin de ne prendre aucun risque. Un coup de froid est si vite arrivé. Je me félicite de cette action quand la bruine s'intensifie au col des boeufs. Le temps change si vite sur l'île. La descente en direction de la Plaine des Merles est assez facile. J'en profite pour dérouler tranquillement.

credit photo Philipp Reiter

credit photo Philipp Reiter

11h28' - SENTIER SCOUT

 

Je ne m'éternise pas et continue mon chemin en imaginant ce qui m'attend jusqu'au Maïdo. Sur le papier, l'enchaînement des difficultés parait terrible! Est-ce un avantage psychologique de ne pas connaître le terrain? 

 

A îlet à Bourse, km 97, l'accueil est fantastique. Je (re)rempli mes réserves en eau. La chaleur devient pesante. Et dire qu'il y a quelques minutes seulement, je m'abritais sous mon coupe vent de l'air humide. Peu avant ce ravitaillement, j'ai doublé deux très bons coureurs dans la descente. Je compte bien repartir d'ici avant qu'ils arrivent. J'entame une nouvelle descente. je traverse à gué le Bras d'Oussy où un raidillon escarpé m'attend. Je pousse fort sur mes cuisses. Mafate est beau, Mafate est GRAND ! J'atteins le poste de l'école primaire de Grand Place les Bas où je rejoins les deux coureurs expérimentés du Team Brooks. Là, ma course prend encore une autre dimension. J'hallucine de me retrouver avec eux, tout simplement. La chaleur est écrasante. Il fait plus de 30°c. Je trempe ma casquette saharienne dans une fontaine d'eau fraîche afin de rafraîchir ma nuque. J'en profite également pour rafraîchir les articulations, les aisselles, mes adducteurs, ... bref, partout où je peux refroidir mon corps. Il me semble important de prendre le temps de le faire à un endroit qui me parait être un début de tournant de la course. 

crédit photo Philipp Reiter

crédit photo Philipp Reiter

Je grimpe jusqu'à Grand Place les Hauts en face du Calumet Cap noir. Là, je négocie une descente périlleuse. C'est une pente sévère qui serpente en virages serrés jusqu'au Bloc, la fameuse Rivière des Galets. Après avoir traversé le gué de la Rivière des Galets, j'entame la montée de la Roche Ancrée. Il y a précisément 2000 D+ à monter à partir d'ici pour atteindre le sommet du Maïdo et sortir de MAFATE !!! L'ascension est raide et constante avec une succession de lacets serrés et de marches. La montagne a signé un pacte pour que l'homme ne puisse pas passer par là ! Au fur et à mesure de mon avancée, je surveille d'un oeil mes valeureux poursuivants pour faire régulièrement un état des lieux. Mais je n'aperçois personne. C'est bon signe, mon allure est bonne. Je mets du coeur à l'ouvrage. Progressivement, je perds de vue la Roche Ancrée, et me hisse jusqu'à Roche Plate. 1000 D+ de fait, 1000 D+ encore à faire!

credit photo Philipp Reiter

credit photo Philipp Reiter

15h23' - ROCHE PLATE

 

108e km - 22e. A l'école, j'accuse un peu le coup. Je pioche dans les assiettes à la recherche de bananes et repars aussitôt. Je ne veux pas couper mon effort. Quelques minutes passent, et je constate que ce dernier ravito me reste sur l'estomac! Que faire? Je n'hésite pas longtemps, et le régurgite. "Pas top", me direz-vous! Des randonneurs passent au même moment. Ils me demandent si tout va bien, je leur réponds l'estomac "libéré" que: "Oui"! Mon allure n'est pas si mal puisque je mets moins de 25' jusqu'à la Brèche. Mais la fatigue, cumulée à la chaleur, commence à se faire ressentir et je sens bien que mes jambes commencent à "couiner". J'assure un tempo du style "sauve qui peut", courbe l'échine, et espère que "l'orage" passera rapidement. Sans conteste, je traverse dans ce redoutable Maïdo mon premier passage à vide depuis le départ à Saint Pierre! Le sentier est encombré de roches où j'essaie de trouver la meilleure trajectoire. L'hélicoptère de Canal Grand RAID me reprend en chasse, et survole mes foulées durant encore dix bonnes minutes. La présence des journalistes au-dessus de ma tête me (re)booste et m'aide à serrer les dents une dernière fois avant de franchir le sommet qui signifie la sortie du cirque de Mafate. Là-haut, une foule incroyable m'applaudit. Je ressens la chaleur réunionnaise m'envahir, quel pied! Après une dizaine de minutes le long du rempart, je retrouve Carole pour mon plus grand bonheur. A ce moment là, si je souhaite que l'aventure continue, il faut se poser 5' et manger !!! J'en profite aussi pour changer de vêtements, la nuit approche... Je repars jusqu'au pointage, et m'enfonce dans la forêt des Tamarins.

A L'ASSAUT du GRAND RAID !

19h36' - MAÏDO TETE DURE

 

115e km - 25e. Il me reste 52 km à parcourir. Une totale inconnue pour moi. Jamais je n'avais réalisé autant de kilomètres sur une épreuve. La réaction de mon corps, tout comme la suite du parcours, seront une totale découverte! 

 

La première partie de la descente longe la paroi en direction d'Ilet Alcide et est entrecoupée de petites bosses. Puis arrive la forêt des goyaviers. J'ai le droit, face à l'océan, à un magnifique couché de soleil. Le spectacle est grandiose!

credit photo Philipp Reiter

credit photo Philipp Reiter

J'entame ma deuxième nuit. Je réalise une super descente, j'ai bien l'impression que la pause au sommet du Maïdo a été salvatrice. Mais peu avant l'école de Sans Souci mes yeux commencent à se fermer. C'est quasi impossible de lutter. La sensation est similaire à un conducteur au volant de son véhicule qui essaie de repousser en vain le sommeil. En parlant de voiture, j'ai mes premières hallucinations. Voilà que je confonds un tronc d'arbre avec un capot de véhicule. Oulala !!

 

A l'école Sans Souci, je retrouve mon assistante de choc. Je lui fais part de mon inquiétude quand à l'apparition du sommeil de façon totalement impromptue. Elle me dit: "Voilà Romain, tu es 22e!" De toute évidence je suis à un tournant de ma course. Soit je continue à faire MA course et je dors 20' mais à ce moment là, il faut oublier le TOP 20. Soit je repars aussitôt de ce ravito, et je commence à faire LA course pour envisager le meilleur. Dure décision tellement Morphée veut me prendre dans ses bras, mais je résiste et mon âme de compétiteur resurgit. Je me lève. Et repars. Non mais oh! On n'est pas là pour écouter chanter les oiseaux !!!

 

Je descends jusqu'à la Rivière des Galets. J'endosse momentanément un rôle d'équilibriste afin de franchir la dite rivière. J'ai le réflexe de tremper mes mains dans l'eau afin de me rafraîchir la nuque. Quelle bonne idée! L'eau fraîche me réveille d'un seul coup, je vais profiter de ce passage pour relancer sur les hauteurs du stade de Halte Là. La remontée du rempart au milieu des cannes à sucre jusqu'à la route de Dos d'Ane se fait laborieusement. Je pioche et je me fais violence pour relancer à chaque fois que le terrain m'en donne la possibilité. Je vire à gauche en direction de chemin Ratineau. Voilà le pire chemin que j'ai du emprunter. Je dois m'aider des lianes pour passer de rocher en rocher. Je joue à Tarzan. Je saute. Je m'agrippe. Incroyable! Cela passe en fin de compte pas si mal, et j'arrive à m'extraire de cet amas de rochers. Jamais je n'aurais imaginé qu'une course pouvait passer par un endroit comme celui-ci. A partir de maintenant, plus rien ne m'étonnera. 

 

Sur la section qui mène à la Possession je rattrape Jordi G.B. et Sangé S. Mon rythme n'est pas si mal au milieu de cette végétation serrée. A la Possession, je retrouve une grosse base de vie avec une ambiance réunionnaise digne de ce nom et Carole m'attend avec un sourire qui vaut facilement 10 gels énergétiques.

22h56' - LA POSSESSION

 

146e km - 19e. Le chemin des Anglais, même dans nos pires cauchemars, on est encore loin de s'imaginer ce foutoir! Une fois dessus, tu te demandes comment c'est possible d'avoir construit un truc pareil. Mes pieds et mes chevilles souffrent. Ces dalles de lave sont posées dans tous les sens. Les appuis sont délicats. Les dalles ont emmagasiné la chaleur de la journée et je sens qu'elle se dégage vraiment fortement. Qu'est-ce que ça doit être de passer ici de jour? Je trouve cette section interminable. La descente sur la Grande Chaloupe, je ne suis pas prêt de l'oublier.

 

Grande Chaloupe, dernière fois que j'aperçois Carole avant l'arrivée (si tout va bien). Cette fois, c'est la dernière étape, la montée sur le Colorado, puis la descente sur le stade de la Redoute à Saint Denis, le dénouement est proche.

 

Pour la première fois depuis le départ, je ne vais pas être seul. En effet, je rattrape un coureur et nous ferons toute cette dernière partie ensemble. Lui connait un peu le final. La première montée se fait sur un pavage inégal, un remake du chemin des Anglais en moins pénible. Je trouve la force de courir dès que la pente se veut moins raide jusqu'à Saint-Bernard. Une route nous mène vers les hauteurs de la ville. La dernière côte est pentue. Le sable me fait déraper à plusieurs reprises. Je pousse fort sur les cuisses, et donne toute l'énergie qu'il me reste. L'apparition du plat avant le dernier ravitaillement est un soulagement, je n'ai plus qu'à me laisser glisser jusqu'au Colorado. 

Samedi 22 octobre - 2h17' - COLORADO

 

162e km - 20e. Nous atteignons le poste de Colorado accompagnés d'une faible bruine, mais cela ne me dérange pas plus que ça. Je ne traine pas. Je cours vers la descente finale, j'ai juste à me laisser glisser. Le terrain est technique à souhait. J'aperçois le stade de la Redoute depuis les hauteurs ce qui me permet d'évaluer approximativement le temps de course restant. Je ne réalise presque pas ce qu'il va se passer. Et pourtant ...

 

J'imagine Carole impatiente de me (re)trouver sur le carré vert avec l'appareil photo à la main. J'imagine ma famille en train de vibrer derrière son écran. J'imagine tous les copains et les collègues de travail qui ont suivi la course depuis des heures. Il parait que mon mur Facebook est en "feu"! Toutes ces personnes, cela représente beaucoup pour moi.

 

Terminé les sentiers, j'atteins (enfin) la route avec mon compagnon de dernière heure. On pactise. On ne se fera évidemment pas la "guerre" sur la piste de la Redoute. On décide d'arriver ensemble, pour la beauté du geste, et de ce sport qui procure des émotions uniques!  L'ULTRA c'est ça!

 

Lorsque j'entre dans le stade, j'ai seulement conscience que je suis arrivé au bout d'une course MONUMENTALE, mais je ne prends pas (encore) la pleine mesure de mon classement, ni même de mon chrono. Cela me parait si irréel!! Et pourtant, je savoure chaque instant, chaque "dernière foulée" sur le sable rouge de cette piste mythique. Je franchis l'arche, main dans la main avec Vivien, ... je suis FINISHER en 29h12' à la 19e position. Wouah !!! Je suis comblé de bonheur. C'est indescriptible. Premier 100 Miles. Premier GRAND RAID, et donc pas le plus facile. Je me hisse dans le TOP 20 sous la barre mythique et tant espérée des 30h. Je fais une pierre deux coups. Ludo, le speaker, me félicite et mon regard croise celui de Carole. Une chaleureuse accolade s'en suit. Elle est là pour partager avec moi cet instant délicieux. Je l'ai fait. Médaille à la main, je me glisse sous l'arche et lui demande d'immortaliser le moment. 

 

Cette performance est aussi celle de Carole. Sans elle, et j'insiste là-dessus, je n'aurais jamais pu réaliser une telle course. Quelle équipe on a formé là! Incroyable. 

Bien entendu, elle est aussi celle de la persévérance et de la rigueur. J'avais à coeur de montrer qu'avec beaucoup de volonté, ... on peut, ... même avec une maladie handicapante au quotidien (et c'est parfois peu dire!), ... arriver à concrétiser ses rêves. Bien entendu, même au moment de prendre le départ de cette diagonale je n'avais imaginé ne serait-ce qu'une seule fois que je pouvais réaliser un truc pareil! Jamais! Je voulais juste prendre du plaisir et aller au bout de l'aventure. 

Aujourd'hui, j'ai sans doute trouvé une clé qui va peut-être (?) m'aider par la suite. En attendant, je savoure ...

 

Je dédie ma course à Carole, à mes parents, à mes (très) chers amis C. & L., à toutes les personnes qui m'ont suivi (et encouragé) de près et/ou de loin et qui se reconnaissent dans les valeurs fortes que j'essaie de véhiculer ...

Enfin, un dernier Big UP à Anne R. et son ami qui ont accompagné et aidé Carole sur les ravitaillements, une amitié est née!

A L'ASSAUT du GRAND RAID !

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Published by the way of my life
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